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28/01/2008

journalp4-5

Ecaussinnes doit sa notoriété à la richesse en pierre bleue (ou petit granit) de son sous-sol. Grâce à la vapeur, au XIXe, l’extraction de la pierre bleue du bassin industriel du Hainaut devint plus facile , de même que le levage et le sciage. La journée, j’entendais le bruit de la locomotive à vapeur de la carrière qui passait derrière la maison; au loin, on percevait le dynamitage du filon et le grondement des blocs qui s’effondraient. Grâce à des élévateurs et à des plans inclinés, les blocs étaient remontés du sous-sol et conduits à la scierie où ils étaient découpés en tranches. Derrière la maison se trouvaient les ateliers des tailleurs de pierre ou « cwerleux ». Leur activité intense n’était, elle non plus, pas silencieuse : le bruit des maillets et des bouchardes qui frappent la pierre me semble encore aujourd’hui bien familier. Mais le moment que j’attendais avec le plus d’impatience était celui où toute activité cessait. Alors, ce terrain immense m’appartenait ! Avec Sammy( ainsi appelé par Maman, en souvenir des Américains), mon chien et compagnon de toutes mes expéditions, j’explorais la carrière au grand mécontentement de ma grand-mère, qui, en vain , criait mon prénom à tous les échos, pour me faire revenir à la maison. L’exploitation de la pierre bleue façonne le paysage. Près d’un trou d’extraction, il y a une « tienne », petite colline constituée par les terres de déblaiement. Au bout d’un certain temps, celle-ci se recouvre d’arbres et de végétation; de quoi bien s’amuser : explorer les lieux, fabriquer des cabanes dans les arbres, se faire peur en inventant des récits angoissants, cueillir fleurs et petits fruits des sous-bois…. Le trou d’extraction qui n’est plus exploité se remplit assez rapidement d’eau, une eau sombre et mystérieuse, très dangereuse aussi, car à certains endroits, les remoux peuvent être très forts. Mais, il est possible d’y tremper les jambes, sensation d’autant plus délicieuse que s’y mêle l’interdit des parents. Mon père y allait à la pêche et essayait de me faire partager sa passion; mais, après avoir dû trop souvent décrocher ma ligne coincée dans les branches d’arbres, il y a renoncé. Par contre, j’adorais aller rechercher mon grand-père à son travail; il s’occupait des machines qui sciaient les immenses blocs de pierre. Le bruit et la vue des scies en action étaient très impressionnants pour une petite fille. De ses compagnons de travail, mon grand-père recevait des « matons », une tarte au lait caillé qui est la spécialité de Grammont, ville située en Flandre orientale, à la frontière du Hainaut. De nombreux ouvriers flamands venaient, à cette époque, travailler dans les carrières d’Ecaussinnes. Le train qui les amenait, s’arrêtait à la gare d'Ecaussinnes-Carrières, située dans la commune d’Ecaussinnes d’Enghien. Je raffolais de cette tarte que je lui réclamais souvent. Ecaussinnes : le château fort

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